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vendredi 29 avril 2011

Double nationalité

En Haiti les paradoxes ne se comptent plus, et, la plupart toujours entravant le bon fonctionnement de la nation. Parfois, l’on reste perplexe face à l’attitude de certains concitoyens qui donnent l’impression de se sentir vraiment heureux qu’en pataugeant dans cette mare laissée par l’autre…

Pour bien asseoir leur position et toujours rester à la surface, ils se font passer pour des constitutionnalistes invétérés, préférant la stagnation, le blocage même du Pays, plutôt la transgression de certains principes, même si ces derniers sont devenus désuets en cette ère de mondialisation que tout le monde semble accepter comme une évidence… Sont-ils sincères, ces hommes de principe ?  Hélas !…

Hier encore, l’on a vu avec quel acharnement ces constitutionnalistes s’étaient portés au devant de la scène, afin d’empêcher qu’une  dame, malgré sa compétence, ses qualités et son savoir-faire, accède à un poste ministériel, sous prétexte qu’elle  avait  la double nationalité… Alors que ces citoyens tapageurs et toujours enclins à brandir la Constitution, dès qu’il s’agit pour eux d’en tirer profit, ne sont pas bien enracinés dans cette nationalité haïtienne comme l’est cette dame, dont les parents et grands-Parents ont eu à servir la République dans le temps passé avec loyauté et honnêteté… Combien de ces citoyens-là ont encouragé leurs épouses à aller accoucher aux USA afin d’avoir à la maison de petits américains !.. Une enquête à ce niveau-là révélerait bien des surprises !….

Tournons notre regard vers un récent passé. Mme J.B. Aristide qui avait tenu la drisse de notre Bicolore, en compagnie de son époux, lors de la commémoration du 200ième anniversaire de sa création le 18 Mai 2003, (ce n’était pas son rôle mais celui du Premier Ministre) n’était-elle pas de Nationalité Américaine?  Ne l’est-elle pas encore ? Pourtant, à l’époque, aucune voix ne s’était soulevée pour fustiger une telle désinvolture de M. JBA, une telle violation de la Constitution… Quand Mme Aristide, alors que son Mari remplissait  la Fonction de Président d’Haiti, s’était rendue à l’Ambassade  Américaine  afin de faire enregistrer ses fillettes, enfants légitimes du Président JBA, comme américaines, aucun constitutionnaliste n’avait dit mot !…Que de dignitaires lavalassiens eurent à remplir de hautes charges alors qu’ils avaient la double nationalité !…Alors, où étaient-ils ces redresseurs constitutionnalistes ?… On avait peur parce que c’était la Dictature féroce à l’époque !..Voilà !.. De plus,..pourquoi se flatte-on à longueur de journée, en rappelant avec enthousiasme qu’ils sont d’origine haïtienne, tous ces compatriotes naturalisés américains ou canadiens qui ont réussi, ou qui ont brillé et brillent encore dans le Sport, la Recherche, l’Industrie ou la Politique dans leur Pays d’adoption ?… Si nous sommes aussi rigides sur la double nationalité, pourquoi avoir créé un Ministère des Haïtiens vivant à l’Etranger (Haïtiens à 90 % naturalisés) et même faire état d’un Dixième Département Géographique pour la Diaspora Haïtienne ? Autant d’hypocrisie, de chauvinisme douteux et de mauvais folklore que l’on aimerait voir disparaître du Profil de l’Haitien d’aujourd’hui vivant à l’ère de la Mondialisation…
  
Ce n’est pas avec de tels comportements mesquins et obscurantistes que l’on aidera Haiti à emboîter le pas et accélérer son développement…Haiti doit se débarrasser de ces  vieilles hardes et se revêtir d’habits plus convenables pour pouvoir reprendre son profil d’autrefois….Le premier souci du prochain Gouvernement élu devra être : la Révision en profondeur  de cette Constitution qui retarde le développement du Pays… Il y a chez nous assez de Juristes à qui confier cette tâche! Cessons  nos Mesquineries! Rejetons tous nos vieux préjugés! Cessons de haïr notre compatriote parce qu’il a des qualités ou des atouts qui nous font défaut! Cessons d’être  laids! ANN  SISPANN FE BAGAY LED POU AYITI PARET  MWEN LED LAN JE LOT PEYI  YO !

Charles Th. Salnave
26 mars 2005

jeudi 10 mars 2011

Le paiement des impôts

Lorsque le citoyen honore son devoir civique en payant ses impôts, il s'attend en contrepartie, que l'Etat remplisse son obligation de lui fournir les services de base auxquels il a droit : Routes, Sécurité, Eau, Electricité et j'en passe. Les structures de base cruellement font défaut. L'EDH est remplacé par les génératrices et inverters. Les écoles publiques sont dans un état lamentable alors on se tourne vers l'éducation privée. L'eau courante est remplacée par les camions d'eau et mère nature quand elle est clémente, la sécurité est prise en charge par des compagnies privées, les riverains se mettent ensemble pour bouches les nids de poule des routes de leurs quartiers. Il faut cependant noter que dans la déclaration définitive d'impôts, il n'est pas possible de prendre en considération ces coûts ni même d'avoir une déduction forfaitaire par enfant à charge.

En Haïti, nous payons pour autre chose, je vous laisse deviner!!! Alors, comment faire confiance à cet état rapace qui continue sans cesse à plumer toujours le même petit nombre de contribuables qui payent constamment pour les autres. Aucun élargissement de l'assiette fiscale n'est pour l'instant envisagé. Alors que le commerce informel de détail a totalement étouffé le secteur formel, ce même secteur informel est entièrement sous-taxé voire non taxé. Il serait intéressant d'en évaluer le potentiel fiscal. Savez-vous que certains commerces "sou twotwa, amba galri" valent plus de 1 million de gourdes en stock de marchandises ou encore des combines de "brasseurs" qui génèrent des revenus incognito pour le fisc. L'aspect comique est que dans certains cas, ces brasseurs font affaire directement avec l'Etat! Alllez comprendre...

Il me semble que personne ne soit être préoccupé par cette question alors que 60% du budget national repose sur le bon vouloir de l'international. Nous voulons diriger alors que nous ne savons rien gérer. Messieurs les taxateurs, soyez moins "dépouilleurs" envers ceux qui payent et plus fermes envers ceux qui devraient se mettre au pas.

Un contribuable frustré. 

jeudi 13 janvier 2011

Connaissez-vous la viande de lapin?

La viande de lapin est très appréciée des adeptes de l’alimentation minceur. Délicieuse et peu calorique, la viande de lapin est idéale pour allier minceur et bonne cuisine.Classée parmi les viandes blanches, la viande de lapin est délicieuse, facile à préparer et peu calorique. Avec un apport de seulement 160Kcal pour 100gr, la viande de lapin vous permet de garder la ligne tout en appréciant la bonne cuisine. C’est de surcroît un excellent aliment santé. Elle contient uniquement de 3 à 8% de lipides et moins de 10% de matières grasses. Très pauvre en acides gras saturés, elle prévient l’accroissement du taux de mauvais cholestérol.

Riche en protéines, la viande de lapin redonne aussi du peps à l’organisme. Par ailleurs, sa conteneur en vitamines en fait une excellente source de bonne santé. La vitamine B de la viande de lapin favorise par exemple l’équilibre du système nerveux et le tonus musculaire. La vitamine E est, quant à elle, parfaite pour lutter contre toutes les formes de vieillissement. Elle maintient, la peau, le système cardio-vasculaire et les cellules, jeunes et en bonne santé.

Concernant la vitamine PP, elle préserve la jeunesse cutanée face aux rayons néfastes du soleilLa viande de lapin est source naturelle d’oméga 3 et couvre 15 % des Apports Nutritionnels Conseillés pour 100 g de viande. La viande de lapin a une faible teneur en cholestérol, environ 60 mg pour 100 g.

Le lapin se prépare de mille et une manière. En croute, en paté, au barbecue, à la créole, en papillotte, à la moutarde... Des recettes, les unes plus délicieuses que les autres. Vous pouvez trouver ces recettes sur les sites suivants:

Si vous souhaitez commander du lapin produit localement en Haïti, veuillez écrire à lefermier509@gmail.com ou par téléphone au 39.29.54.33. Nous fournissons aussi des herbes aromatiques comme le basilic, le romarin, l'orégano,...

D'ores et déjà, je vous souhaite un excellent appétit.

Que reste-il d'Haïti après le 12 janvier 2010?

Pour ceux qui connaissent uniquement Port-au-Prince et ses environs, le séisme du 12 janvier a été un désastre indescriptible. Nous avons plus de 300,000 personnes décédées, une destruction totale de nos infrastructures étatiques, scolaires, sociales et économiques, des camps de fortune un peu partout. Cependant, tous les dégâts enregistrés ont été, pour la grande majorité, constatés dans le Département de l'Ouest et celui du Sud-Est, Jacmel plus particulièrement. L'impact de ce tremblement de terre a été catastrophique parce que tout était concentré à Port-au-Prince, où vivaient dans des conditions plus que précaires, plus de 2 millions de personnes.

Cependant, Haïti ne s'arrête pas uniquement à ces régions. J'ai pris la peine de revoir des photos prises un peu partout qui m'ont conforté dans mon approche. Nous avons un beau pays ayant une histoire, des paysages superbes, des plages époustouflants, des coins de verdure paradisiaques, des grottes magnifiques, des vestiges coloniaux formidables et le plus important de tout, des gens extraordinaires, dotés d'un sens de solidarité hors du commun. Malheureusement, les médias internationaux se plaisent trop souvent à décrire uniquement ce que nous avons de pire car seul le sensationnel paye. Les ONG qui oeuvrent en Haïti ne démordent pas non plus du bourbier haïtien car c'est du désenchantement quotidien de ce peuple qu'elles justifient leurs actions et leur raison d'être. Quand à la communauté internationale, je suis incapable de comprendre cet engouement pour notre Haïti. Il se peut qu'il y ait des intérêts connus que dans les hautes sphères... Toutefois, qui aime trop mal étreint, simple constatation!

L'Haïtien est bon et Haïti est belle. Aussi contre vents et marées, bon gré, mal gré, Haïti a été, est et restera toujours l'envoûtante Perle des Antilles, n'en déplaisent à certains.

mardi 4 janvier 2011

2011: Une nouvelle année mais...

Fin 2009 soufflait sur Haïti un air d'amélioration qui laissait augurer un 2010 tourné vers un avenir productif à tous points de vue. Dans la réalité, 2010 a tourné au cauchemar avec toutes les catastrophes que nous savons. Après ces péripéties, que nous réserve 2011, année d'incertitude politique, de malaise social, d'économie trébuchante, d'Etat chancelant, d'avenir incertain, de jeunesse bafouée...
Que souhaiter, qu'attendre, qu'espérer ???

vendredi 3 décembre 2010

Entre Espoir et Désespoir

Aujourd'hui, il m'est difficile de pronostiquer sur l'avenir de ce pays meurtri dans ses entrailles par le séïsme du 12 janvier, torturé par le choléra apparu au mois d'octobre et tétanisé par des élections à l'odeur du "déjà vu" du 28 novembre.
2010 a été pour les haïtiens, une descente aux enfers dont ils ont du mal à s'en remettre. Au fond, ce que ce peuple résigné et affligé demande, c'est tout simplement la mise en route de la machine du progrès. Ce progrès, et ils le savent, ne pourra pas tout améliorer du jour au lendemain. Cependant, ce progrès est l'ESPOIR vers des jours meilleurs. Beaucoup hûmaient dans les joutes de novembre, l'air du changement et du renouveau... La campagne électorale a été suivi avec ferveur pour se faire une meilleure opinion sur les candidats et leur vision de la gestion des priorités du moment ainsi que leur politique pour le développement durable de ce pays. Chacun pouvait supposer les velléités de tel ou tel candidat. Des affiches de toutes les couleurs, les spots télé et radio à profusion, des meetings tenus sur l'ensemble du territoire, laissaient supposer une participation massive de l'électorat. C'était presque l'euphorie.
Dimanche 28 novembre : La foule ne s'est pas donnée rendez-vous comme en 2006. Dès le milieu de la matinée, les problèmes surgissent. En début d'après-midi, déclaration de 13 candidats sur 19 à demander l'annulation des élections. Point de presse du Conseil Electoral Provisoire indiquant que le scrutin se passe bien. Plus de US$ 28 millions engloutis par les élections, des morts, des blessés, gène de la communauté internationale, le gouvernement dans ses petits souliers, des électeurs mécontents. Pour tout résumer en un mot: DESESPOIR.
Entre Espoir et Désespoir, le sort de ce pays, de ce peuple, ne tient qu'à la volonté de quelques personnes qui n'ont jamais compris ou qui ne veulent pas comprendre qu'il est temps que nous nous prenions en charge et que nous fassions preuve de lucidité, d'humilité, de vision commune, de volonté. Ecartons les passions mal placées et les incapables. Ayons le courage de laisser la place à ceux qui ont les capacités de  mener à bien les affaires de ce pays pour prouver au monde entier que nous sommes des gens capables et non des "sous-hommes".

samedi 9 octobre 2010

La Grande Traversée

"Je me sers d’animaux pour instruire les hommes"
Jean de La Fontaine

Depuis la nuit des temps, selon des exégèses fondées sur certains textes sacrés, il est dit que Dieu, lors de la création de l’univers, après avoir ensemencé le vide des ténèbres d’une pluie de perles pour créer les planètes et les étoiles, tira, de cette nébuleuse qui se répandait dans l’immensité de l’espace, l’une de ces perles pour en faire un paradis. Il voulut que ce paradis soit en tout point exceptionnel ; un lieu de délices et de paix où le temps n’avait pas de limite et la vie point de frontière. Il le nomma Eden. Dans son infinie générosité, il décida d’y accueillir tous ceux qui, lors de leur passage sur terre, avaient accompli sa parole et observé ses commandements.

Il était une fois, un vieux renard, régent de son Etat, au déclin de sa vie, convaincu de s’être toujours soumis à la loi divine, voulut entreprendre la grande traversée qui devrait le conduire, en récompense de sa bonne conduite et de ses mérites, à la terre promise. Nul ne pouvait prédire le temps nécessaire pour l’atteindre, ni les épreuves à surmonter en cours de trajet. On savait seulement qu’elle se situait dans la constellation des illusions, aux confins de l’univers et que seuls les plus sages pouvaient y pénétrer.

Pour ce long voyage, le renard crut bon d’inviter ses pairs, chefs de village comme lui, à l’accompagner, en ayant soin de leur préciser les exigences du créateur. Et comme tous les appelés se disaient en état de grâce, la sainte croisière pouvait être planifiée. Elle s’amorçait sous de bons auspices. Un immense vaisseau, à l’instar de l’arche de Noé, fut prévu pour accommoder tous les passagers. Chacun mettait du sien à le construire. Ils étaient tous emballés à l’idée de découvrir ce lieu béni du Seigneur et de pouvoir y séjourner éternellement, dans une perpétuelle extase. Ils mirent tant d’ardeur à l’ouvrage, qu’en peu de temps tout était prêt pour ce voyage sans retour.

Le jour du grand départ, toute la communauté des animaux était présente pour souhaiter une bonne et heureuse traversée et la pleine jouissance de leur nouvelle existence à tous les heureux élus. De leur côté, ceux-là partaient avec enthousiasme, et le sentiment d’avoir un devoir à accomplir, car pensaient-ils, cette initiative devrait ouvrir, par la suite, la porte de l’Eden à tous ceux qui, comme eux, se montreraient dignes de la miséricorde divine.

Une fois tout au point, l’entreprenant amiral lâcha les amarres et s’engagea résolument sur l’océan mouvementé des incertitudes. A bord, se retrouvait un représentant de chaque espèce de la faune. Se côtoyaient de vieux copains qui se connaissaient de longue date et qui avaient beaucoup en commun et bien de choses, encore, à partager. Mais aussi, des ennemis séculaires qui se haïssaient et qui, en pareille circonstance, se méfiaient de la présence de certains "croisiéristes", vu que des contentieux les opposaient, et que jusqu’à date, ils n’avaient pas encore été vidés. Et comme disait la parole, seule la repentie des fautes commises pouvait garantir la réussite d’une telle entreprise. Cependant, les vielles querelles et les rancoeurs n’avaient pas disparu, bien au contraire, elles persistaient. Un malaise palpable s’était installé à bord, et peu de temps après le départ, les premières frictions se firent sentir.

Le premier à réagir fut le corbeau, qui rappelait avec luxes détails comment il avait été victime de la ruse du renard. Il confia avoir juré qu’on ne l’y prendrait plus. Persuadé que ce traître ne les conduirait pas à bon port, il manifesta clairement son opposition à être, par lui, mené. Du coup, il trouva l’appui de la cigogne qui fut à la même époque, elle aussi, victime d’une tromperie du même genre. Chemin faisant, les idées s’exprimaient et se clarifiaient selon l’expérience de chacun. Certains se positionnaient pour le remplacement pur et simple du commandant de bord. D’autres étaient contre, parce que disaient-ils, cela risquerait de compromettre le projet et conduire à la catastrophe. Des clans se formèrent, selon l’intérêt ou la perception de chacun. Tous les conflits semblaient vouloir se résoudre d’un coup. Ainsi l’agneau redoutait la cruauté du loup qui avait mangé, "sans autre forme de procès", son aïeul dans la forêt. La fourmi craignait les représailles de la cigale, pour ne l’avoir pas aidée dans un moment de grande difficulté. Toutes les victimes demandaient, alors, réparation pour les torts qu’elles avaient subis. L’atmosphère était à son comble, la pagaille régnait à bord et la panique gagnait les esprits. Les discussions s’animèrent à un point tel que l’écho des perturbations parvint à l’oreille du renard. Celui-ci, flairant le danger qui le guettait, engagea des pourparlers. Le Roi Lion fut désigné pour diriger une commission de négociation. Fort de son statut de seigneur des animaux, il accepta de mener les débats, espérant arriver à un compromis favorable à tous.

Se rendant compte de cette situation de grande confusion, certains opportunistes décidèrent de l’exploiter du mieux de leurs intérêts pour en tirer profit. L’ambitieuse grenouille qui voulait se faire aussi grosse que le boeuf, disait qu’elle avait acquis suffisamment d’expérience pour mener à bien une telle mission. Le gorille, comptant sur sa force physique, se vantait de pouvoir soulever les montagnes. Le rhinocéros confirma qu’il avait, de toujours, durant des années, dirigé son troupeau d’une main ferme, et que de ce fait il avait acquis le sens du commandement. Le perroquet, bruyant parleur, mais non moins perturbant hâbleur, pensait que son discours prolifique pourrait être un atout majeur et un avantage certain, lors des débats. Le léopard avançait qu’il était le plus qualifié, car dans les bois il avait l’habitude de flairer le danger et de déjouer tous les pièges qui lui étaient tendus. Même le kok zenga pensait qu’il pouvait, rien qu’à la beauté de son plumage et de sa fringante allure, s’attribuer tous les suffrages.

Dans cette cacophonie, au cours de discussions qui n’en finissaient pas, tout le monde allait de sa superbe. Soudain, du tréfonds de l’infini jaillit une sereine voix, d’une troublante clarté et d’une incroyable puissance. La parole qu’elle charriait fit tressaillir toute l’équipée. Dieu dans sa magnificence venait de se manifester, pour rappeler à tous ces bruyants perturbateurs la règle d’or : «Seuls les sages et les pacifistes auront accès au paradis ». Sur ce, une violente tempête souffla brusquement l’embarcation et la fit tanguer dangereusement. Depuis lors on n’a jamais rien su de son sort. Qui sait dans quelle mer houleuse navigue t-elle encore ! Dira t-on, comme le fabuliste : « Adieu veau, vache, cochon, couvée » ?

Si pareil est l’égarement du genre humain face à ses déboires, on peut comprendre la réflexion de Victor Hugo lorsqu’il dit : «C’est une triste chose de penser que la nature parle et que le genre humain n’écoute pas », et renchérir avec Raymond Aron, en admettant, tout en s’interrogeant:

«L’homme est un Etre raisonnable, mais les hommes le sont-ils ? ».

Pèlerin, juin 2010.
Robert Paret
paretrobert@yahoo.fr

mercredi 14 avril 2010

Belle appréciation d'une oeuvre africaine par Gérard Berrouet.

Cliquer sur le lien suivant pour la lecture : Tel un écrivain

lundi 1 mars 2010

Un Etat Responsable

Le Chili a récemment subi un violent séisme qui a occasionné de pertes en vies humaines et en biens matériels. Nous déplorons que ce pays qui fait partie de la force onusienne en Haïti soit lui aussi victime d'un tremblement de terre. Nous leur présentons nos sympathies.

J'ai lu sur internet que la Police et l'Armée chiliennes ont procédé à l'arrestation d'environ 55 personnes qui ont violé le couvre-feu instauré par le Gouvernement afin de prévenir contre les actes de pillage et de banditisme. Mme Bachelet, le Président chilien, a pris les devants avec son gouvernement pour non seulement établir le couvre-feu mais aussi pour le faire respecter. Ainsi, les forces de l'ordre ont été autorisées à sévir pour le bien de la communauté et la protection des investissement privés. Voilà un gouvernement responsable et soucieux de garantir les acquis de la société et des investissements publics et privés.

De notre coté, notre Président et son gouvernement, étaient peut être encore sous le coup de l'émotion car il y a eu absence totale de réactions. Beaucoup de nos compatriotes ont été sauvés grâce au dévouement de centaines d'autres compatriotes qui ont eu le courage de passer outre leur émotion pour secourir ceux qui pouvaient encore l'être. Aussi, lorsqu'un homme d'état a la responsabilité d'un pays et de ses habitants, il ne peut se permettre de laisser ses émotions prendre le dessus. Les haïtiens ont attendu trop longtemps (quasiment deux semaines) avant d'entendre les propos du président. Entre-temps, à Port-au-Prince, le centre névralgique des affaires où se trouvent les banques, les grands commerces, les grands marchés (Hyppolite, Tèt Boeuf,...) a été pillé au vu et au su de tous et les personnes sinistrées se débrouillaient avec les moyens du bord pour faire face à la situation.

L'étendue des dégâts n'est nullement comparable ainsi que les structures de réactions et d'actions. Cependant, il est du devoir des dirigeants de prendre les mesures adéquates, populaires ou impopulaires, et de mettre les structures nécessaires pour les faire respecter. De telles agissements tendant vers le bien de la communauté, auraient redonné confiance au peuple et éviter une détérioration de la situation à tous les niveaux.

Etre Président, Premier Ministre, Ministre, Sénateur, Député ou autre, ce n'est pas seulement les beaux discours, le coté fastueux et festif des choses et tout ce qui va avec. Etre Président, Premier Ministre, Ministre, Sénateur, Député ou autre, c'est aussi et surtout réfléchir, planifier, organiser, rallier, faire face à ses responsabilités, respecter ses obligations, agir pour l'avancement de son pays et garantir le bien être de l'ENSEMBLE de la Population.

Lamentations : Non, Actions : Oui

Nous avons en Haïti, la fâcheuse manie de nous complaire dans d'éternelles lamentations et de nous comporter en victimes résignées. En écoutant les messages radiophoniques des différentes institutions, ces annonces commencent toujours par un lot de sympathies et de condoléances. Dans les premiers jours suivants la catastrophe, il était logique et nécessaire d'adresser ces propos à l'égard du peuple tout entier. Cependant, aujourd'hui, 1er mars, soit presque 2 mois après le 12 janvier, nous sommes toujours ancrés à ces mêmes propos.

Cette approche nous retient dans un environnement de tristesse qui annihile toute réaction. Pourquoi devons toujours nous considérer comme des fatalistes et nous résigner à notre triste sort alors que la Communauté Internationale se plie en quatre pour nous venir en aide? Pourquoi devons-nous toujours être des assistés? Permettez-moi, pour illustrer mes propos, de vous citer cette anecdote venant d'un bénéficiaire d'un transfert reçu d'un parent vivant aux USA. Ce bénéficiaire qui travaillait, a préféré laisser tomber son job pour se morfondre dans une condition d'assisté. Voilà ses propres mots : "Mwen pa wè pouki pou mwen travay paske yap voye lajan pou mwen" (pourquoi devrais-je travailler alors que je reçois régulièrement de l'argent d'un parent?). Il s'agit d'une jeune de 24 ans. Malheureusement, cet état d'esprit est beaucoup plus courant qu'on ne le pense.

Au-delà de cette mentalité de paresseux et de profiteur, se dessine l'ombre de la perte de toute fierté et identité. Il nous faut absolument éviter que les générations à venir ne tombent dans le même gouffre. Ce jeune de 24 ans n'a toujours connu qu'un pays livré à lui même dans le chaos, la corruption, l'assistanat à outrance et j'en passe. Aussi, pour relever la tête, il nous faut casser cette mentalité de perdant de résigné, de profiteur. François Rabelais disait qu'il faut avoir le courage de casser l'os pour sucer la substantifique moelle. Le désastre que nous avons vécu ce fameux 12 janvier est l'os qui se dresse devant nous. Derrière cet os se dissimule une occasion extraordinaire de reconstruite ce pays et le mettre sur les voies du Développement.

Toute la communauté Internationale est à nos cotés, toute la diaspora haïtienne nous supporte, tous les yeux sont braqués sur Haïti. C'est une chance que nous avons de nous en sortir. Si nous ratons le train, nous serons à tout jamais classer dans la catégorie des "moins que rien" et considérer comme de pauvres petits minables incapables de se prendre en charge.

lundi 22 février 2010

ET ALORS ???

Je reproduits ici la réponse d'un ami, Maître Lesly Alphonse, à un article paru le mardi 16 février 2010 sur la page des News de Yahoo Québec, portant la griffe de la AFP. Avant lecture de la réponse, il serait bien de lire le très déplacé et déplaisant article de la AFP, non signé par son auteur, "Le séisme? Connais pas : l'élite économique d'Haïti se porte bien" pour comprendre et apprécier les mots de Maître Alphonse. Lire l'article...

Chers Amis,

Il nous faut éviter de distribuer ce genre d'imbécillité que des journalistes étrangers en mal de sensationnalisme sortent à tout bout de champs, chaque fois qu'ils sont en panne d'inspiration. Comment peut on prétendre que pour une certaine catégorie d'haïtiens "le séisme du 12 janvier et le chaos qui a suivi sont passés inaperçus." C'est une méchante stupidité. C'est l'œuvre de quelqu'un qui n'a jamais mis les pieds en Haïti, qui n'a aucune idée de ce qu'était Haïti, de ce qui s'est passé en Haïti le 12 Janvier et de ce qui se passe en Haïti depuis cette catastrophe qui nous a frappé.

Moi, Lesly Alphonse, j'ai toujours été sur place, je suis sur place et je resterai sur place. Donc je me fais le devoir de rétablir la vérité et de combattre ce genre de propagandes mensongères qui n'ont aucun sens.

Haïti est effectivement classé comme le pays le plus pauvre de la zone. Ce qui est probablement vrai. Mais est-ce que cela veut dire qu'il ne devrait pas exister de supermarché en Haïti? Que personne ne devrait manger des bonbons d'Europe, du fromage ou boire du bon vin? Est-ce qu'en Haïti, acheter et lire des "revues contenant des recettes de cuisine pour maigrir" devrait être interdit. Dans on ignorance crasse et sonore, comme dirait le professeur de latin Franck Saint-Victor, de regrettée mémoire, ce journaleux a illustré son article avec la photo de quelques marchandes paysannes étalant leurs superbes fruits et légumes. Ne sait-il pas que ces dames aussi, sont une élite haïtienne. Ces fruits et légumes sont-ils trop beaux pour être vendus en Haïti?

Moi, Lesly Alphonse, Notaire à Pétion-Ville, consommateur de fromage et d'huile d'olive italienne, propriétaire de maison perchée sur les hauteurs de Pétion-Ville, j'étais jusqu'à 3 heures du matin, dans la nuit du 12 au 13 janvier, au local de l'Université de Port-au-Prince, à la Ruelle Rivière, à livrer un combat acharné pour tirer des griffes de la mort, des étudiants pris sous les décombres. J'ai même été rejoint sur ce champ de bataille par notre ami Gérald Bastien, qui peut en témoigner. Plusieurs membres de cette élite dont il parle en ont fait autant et ont mis spontanément à la disposition des sinistrés, leurs cours, leurs parkings, leurs propriétés. Ils étaient dans les rues comme tout le monde, essayant de sauver quelques vies, de-ci, de-là. Les gens dont parle cet idiot ont perdu leurs maisons, leurs entreprises, leurs magasins et qui pis est, leurs femmes, leurs maris, leurs enfants et leurs parents comme tout le monde. Ils ont couché à la belle étoile comme tout le monde.

Juste à titre d'exemple parmi tant d'autres. L'Hôtel Montana, un complexe de dizaines de millions de dollars a disparu corps et biens et ses propriétaires ont été extraits des décombres y laissant d'ailleurs plusieurs membres de leur famille.

Le Caribean Market, le plus grand supermarché de la capitale s'est effondré comme un château de cartes entraînant dans sa chute des millions de dollars d'investissements et gardant plusieurs heures prisonniers de ses débris ses propriétaires, trois générations de rudes travailleurs, venus de Syrie, il est vrai, mais qui ont mérité leur succès. Sans aucune commune mesure avec ces pillards venus jadis de France, tout comme très probablement, ce journaleux de l'Agence France Presse d'ailleurs, qui ont volé toutes les richesses de Saint-Domingue en faisant travailler pour eux nos ancêtres en esclavage.

Je connais personnellement ce Moussa Aballa Nahra, le propriétaire syrien de Royal Market. C'est un Monsieur qui commence à travailler dès 5 heures du matin pour ne s'arrêter qu'aux environs de 10 heures du soir. C'est un excellent professeur de cette matière combien éliminatoire qu'on appelle "le travail". J'exige le respect pour cet homme. Lui, entre autres, peut et doit être cité en exemple sur ce point à notre jeunesse. Ne permettons pas à un macaque, fut-il de l'AFP, de le traîner dans la boue ni de le ridiculiser.

D'ailleurs, chers amis, nous devons bien comprendre que certaines personnes de l'international, ont des intérêts inavoués dans ce genre de campagne de dénigrement. Elles veulent contester à notre pays le droit d'avoir une élite. L'idéal pour eux serait que tous les haïtiens indistinctement soient des crève-la-faim. Il ne doit pas être possible pour un haïtien de réussir en Haïti. Le rêve de nos ancêtres libérateurs ne doit être qu'un cauchemar. Ce rêve ne doit pas se réaliser. Pour cela, il est important pour eux de porter le monde entier et surtout de nous porter à détester et à mépriser ceux qui, en Haïti, se sont permis de réussir. Même sans le fouet, ces gens essaient de nous détruire en détruisant tous ceux qui sur place pourraient nous servir de modèles.

Nous sommes pauvres dans notre grande majorité parce que les puissances esclavagistes nous ont appris à haïr le travail en Haïti, à haïr la discipline en Haïti, et à haïr nos frères en Haïti.

Chers Amis, n'écoutons pas les susurrements lugubres et perfides de ces serpents "qui sifflent sur nos têtes". Et surtout, ne propageons pas leur venin.

Soyons fiers de ceux qui réussissent en Haïti. Dans tous les pays du monde, des gens réussissent et deviennent riches. C'est la loi de la vie. Nous devons au contraire encourager la réussite et faire la promotion de la réussite possible en Haïti. Ne donnons aucun coup de main à ces démons qui n'ont de cesse de nous faire regretter 1804.

Disons non au Nivellement par le Bas. Si un Neg d'Haïti peut réussir, tous les Neg d'Haïti peuvent en faire autant. "Haïti" ne rime pas forcément avec "piti" et "haïtien" ne doit absolument pas être l'illustration de "faim".

Merci pour votre attention.

Patriotiquement vôtre,

Lesly Alphonse

dimanche 21 février 2010

Les camps: Pourquoi faut-il les déplacer?

Suite au tremblement de terre du 12 janvier dernier, des camps de refuge ont ça et là vus le jour pour servir temporairement d'abris aux démunis. Ces espaces ont été investis sans aucune logique d'organisation. Ainsi, ces lieux sont devenus de véritables villages ou les gens reçoivent eau, nourriture, soins médicaux, aide psycho-sociale.

Ces camps qui ont permis dans un premier temps à la population de se mettre à l'abri, sont pour la plupart installés dans la cour des écoles, sur les places publiques, sur des propriétés vides, etc. Au fur et à mesure, ces camps s'organisent et la vie reprend ses droits parfois dans des conditions infra-humaines. Aussi, il faut pour le bien être physique et mental des personnes logeant dans ces camps, que le gouvernement pense à déplacer ces enclaves vers des lieux propices et organisés en conséquence. Pour l'instant, ces populations vivent dans la plus totale promiscuité avec tout que cela implique (hygiène, sécurité, eau potable, eaux ménagères, gestion des ordures, environnement, ...).

Ces déplacements sont nécessaires pour le reprise des activités scolaires, pour garder les lieux publics accessibles à tous, pour protéger les espaces à vocation touristique comme le Champs de Mars, pour offrir un lieu de vie plus correct que les espaces actuels. Toutefois, le gouvernement doit faire attention car plus le temps passe, plus il sera difficile de lever ces camps qui s'organisent chaque jour davantage. Aussi, le gouvernement devrait dans toutes ses actions, penser à reloger ces gens le plus rapidement que possible dans des conditions acceptables, rouvrir les écoles et créer le maximum d'emploi par la politique des grands travaux. Si rien n'est fait, un jour, les habitants de ces camps en auront avoir ras le bol. A cet instant, ils gagneront les rues en criant leur grogne et peut être dans leur colère, briseront ce que le 12 janvier avait épargner.

Messieurs les décideurs nationaux, Messieurs les bailleurs de fonds internationaux, n'oubliez pas que prévenir vaut mieux que guérir.

samedi 20 février 2010

La question scolaire après le 12 janvier 2010

Un communiqué de presse émanant du Ministère de l'Education Nationale, publié le 18 février 2010, précise "qu'aucun établissement scolaire du département de l'Ouest n'est autorisé à fonctionner sans l'autorisation dudit Ministère. Ce dernier stipule dans sa note, qu'il indiquera au moment opportun la date de la reprise des activités scolaires. Il est ensuite dit dans ce même communiqué de presse qu'un ensemble d'initiatives ont été prises dans le cadre d'un programme d'appui psychosocial visant à faciliter la réadaptation et l'encadrement des enfants traumatisés par le séisme du 12 janvier et des séances d'animation à l'attention des enfants sont ainsi organisées dans les campements du département de l'Ouest".

Avec l'effondrement de la grande majorité des bâtiments scolaires, le Ministère a pour responsabilité de planifier la reprise des cours. Certains édifices logeant des écoles ont résisté au tremblement de terre du 12 janvier. En lisant la note de presse de Ministère, on se rend compte que même les écoles ayant la possibilité de rouvrir leurs portes à leurs élèves, se voient refuser l'autorisation de fonctionner. Si la décision du Ministère est de s'assurer que les bâtiments soient structurellement corrects et que des experts qualifiés en bâtiment émettent des rapports garantissant ces édifices, alors ces écoles auraient pu reprendre les cours. Cette reprise aurait pour effet d'occuper les élèves aux études, de remettre une partie des professeurs au travail et de permettre au transport public et à certains petits commerces de recommencer leurs activités. Simultanément, il faudrait que le gouvernement déplace les camps érigés dans les cours de certains de ces bâtiments pour laisser la place à des salles de classe sous tentes qui offriraient à des étudiants d'autres institutions de reprendre l'école.

Il est reconnu que dans la gestion de toute catastrophe de cette envergure, la reprise des activités scolaires est une priorité pour la santé mentale des enfants. Ainsi, tous ceux qui peuvent recommencer devraient le faire dans les meilleurs délais. Maintenant, charge au Ministère de l'Education Nationale de prendre les dispositions nécessaires pour rééquilibrer le processus en faisant par exemple deux vacations par jour ou de faire un groupe pour les lundi, mardi, mercredi et un second pour les jeudi, vendredi et samedi de manière à accommoder le maximum d'élèves.

Il est un fait important: ne privons pas du pain de l'instruction ceux qui peuvent encore l'avoir. Il faut peut être un plan national mais ce type de projet ne se planifie pas et ne s'exécute pas en quelques mois dans un environnement où toutes les structures font cruellement défaut. Faisons attention aux démarches que nous préconisons car l'année scolaire 2009-2010 est déjà presque perdue. Alors, au nom de nos élèves et étudiants, par respect pour les parents qui font d'énormes sacrifices pour la scolarisation de leurs enfants, n'hypothéquons pas 2010-2011.

samedi 13 février 2010

Un mois après...

Voilà déjà 1 mois depuis cette journée du 12 janvier 2010 qui se déroulait comme les autres jours jusqu'à 4h53PM, heure à laquelle tout a tourné au cauchemar avec le séisme de magnitude 7.3 qui a frappé Haïti et l'a meurtrie. Ayant fait à ce jour près de 217,000 morts, plusieurs milliers de personnes blessées, près de 4,000 amputés et plus de 1,000,000 de sans-abris, ce tremblement de terre a dévasté Port-au-Prince et ses environs en moins de 60 secondes.

Cette catastrophe, nous n'y étions pas préparés. En fait, peut-on l'être réellement dans un pays comme le nôtre où l'anarchie est une seconde nature? Malgré les avertissements des géophysiciens, malgré la montée inquiétante des eaux du lac Azuei et de l'étang de Miragoâne, personne, oui personne ne s'est réellement souciée de ces avertissements. Il faut dire que le dernier tremblement de terre dévastateur que Port-au-Prince a subi remonte à 1771, trop lointain comme horizon-temps pour rester dans la mémoire collective. Bien qu'on en est parlé dans l'histoire d'Haïti, le séisme qui retient l'attention est celui de 1842 au Cap-Haïtien, qui a été aussi catastrophique que celui du 12 janvier dernier.

Il est nécessaire de porter des critiques sur les décideurs qui n'ont, au mépris de la sécurité de la collectivité, pris aucunes mesures préventives qui auraient pues, d'une manière ou d'une autre, atténuer les conséquences désastreuses du séisme. Toutefois, l'heure n'est pas au procès d'intention car le mal est déjà fait. Il convient maintenant de voir comment faire pour alléger les douleurs de la population atteinte et orienter le processus de reprise vers une normalité. Pour ce faire, nous devons mettre de coté nos luttes intestines néfastes et vaines, arrêter de faire de la politique politicienne et penser PAYS. Nous avons une opportunité extraordinaire à nos portes: la mobilisation internationale. Si plusieurs nations ont pu se mettre ensemble pour nous aider, nous devons impérativement de notre coté, être capable de nous unir comme les doigts de la main pour une collaboration sans heurts et porteuse de résultats concrets pour la reconstruction de ce pays.

lundi 18 janvier 2010

Haïti hier, Haïti Aujourd'hui, Haïti demain

Avant tout, permettez moi de présenter mes sincères et profondes sympathies à tous ceux qui de près ou de loin ont été touchés du séisme du 12 janvier 2010.

Haïti hier,
Destination jadis prisée des touristes, notre pays présentait une facette culturelle et créole unique dans la Caraïbe. Son histoire de 1er peuple noir indépendant lui a valu bien des déboires mais aussi l'admiration de beaucoup de peuples. Malheureusement, ses fils n'ont jamais pu s'entendre pour faire de ce joyau, la véritable perle des antilles.

Haïti aujourd'hui,
Haïti est meurtrie dans sa chair. Jamais je n'aurais pensé voir ce pays, voir Port-au-Prince dans un tel état. L'image dégagée est celle d'un pays dévasté. Des décombres partout, des milliers de morts, de blessés, de sans-abris dans les rues, sur les places publiques. Cette vision apocalyptique est accentuée par la destruction des certains édifices comme le Palais National, la Direction Générale des Impôts, la Cathédrale, le Parlement, le Palais des Ministères,... Pays détruit, peuple consterné, peuple hagard souffrant en silence, peuple ne sachant pas à quel saint se vouer.

Haïti demain,
???

Reflexions

jeudi 26 novembre 2009

53 partis politiques retenus par le CEP

Selon le vœux de la loi électorale, les formations politiques désireuses de prendre part aux joutes électorales doivent respecter certains critères. Aussi, après analyse des différents dossiers, le CEP a retenu 53 des 69 inscrits. Ne connaissant pas les articles de cette loi électorale, je me garderai de commenter la décision du CEP. Toutefois, après ce dégraissage, il en reste tout de même 53 en lice !

En regardant le répertoire des partis retenus, il me semble qu’il en existe certains qui ne sont présents qu’en période électorale. Dès lors, on est en mesure de se demander comment ces partis comptent-ils gagner la confiance de l’électorat ? Quelle stratégie vont-ils déployer pour capter les voix nécessaires à leurs succès ? Comment vont-ils financer leurs campagnes électorales ? Quels sont les candidats qu’ils soutiennent et avec quels programmes politiques ?

Du coté de l’électorat, malgré toutes ces incertitudes, chaque électeur a le devoir de faire un choix politique en harmonie avec ses convictions ou s’en rapprochant le plus. Si aucune option ne répond à vos aspirations, votez "blanc" car le vote blanc marque un désaccord total avec toutes les tendances ou programmes politiques, mais votez quand même. Il est trop facile de ne pas se rendre aux urnes et de critiquer par la suite. Si vous voulez avoir votre « droit de gueule », alors votez . Sinon, abstenez-vous de commenter.

Devant cette pléthore de formations politiques, il faut encourager les responsables de partis à analyser l’échiquier politique et à faire des alliances profitables voire nécessaires à leurs organisations. De telles démarches ne pourront que mettre en confiance les électeurs.

mercredi 25 novembre 2009

Faut-il en rire ou en pleurer?

En vue de la réalisation des prochaines joutes électorales pour les législatives, le Conseil Electoral Provisoire (CEP) a procédé à l’inscription des partis politiques souhaitant présenter des candidats aux différents sièges en jeu. Le Porte Parole du CEP a informé la presse que 69 partis se sont inscrits, oui 69.

Au nom de la pluralité politique, on ne peut refuser aux citoyens le droit de se regrouper autour d’une idéologie, d’un leader. Toutefois, il faut avoir un peu de jugement pour comprendre que dans un pays ou il y a environ 4 millions d’électeurs, avoir 69 partis politiques concourrant aux élections est une vaste plaisanterie. En faisant rapidement une moyenne arithmétique, on constate une concentration d’environ 52,000 électeurs par parti. Un tel chiffre ne peut en aucune manière être représentatif d’une population ou d’un segment de population, sachant pertinemment que le taux de participation n’atteint jamais 100%. S’il est vrai que certaines formations politiques ont nettement plus d’adhérents que d’autres, il est tout aussi vrai que la majorité des 69 partis ont moins que la moyenne de 52,000 électeurs. Alors où est la logique pour ces groupes politiques de se présenter aux élections ? Des alliances bien ficelées autour d’une idéologie commune, d’une vision partagée seraient nettement plus payantes à tout point de vue. Ainsi, les élections coûteraient moins chères à l’Etat car il y aurait moins de papier à imprimer. Les campagnes seraient plus percutantes car il n’y aurait pas dispersion d’énergie physique et financière. Les électeurs pourraient voter pour une idéologie et non pour un candidat contre un autre. La communauté internationale, à qui nous tendons constamment notre « kwi », nous verrait sous un autre angle, etc.

Avec 69 partis politiques, nous n’irons nulle part. Alors Messieurs les Politiciens, rendez service à la nation. Réfléchissez et n’oubliez pas que le « multipartisme à outrance » est un indicateur de sous développement.

mardi 23 juin 2009

Publication

Bonjour à tous.
J'ai recemment découvert les archives de mon feu père, CHarles Théophile Salnave, relatives à ses articles qu'il publiait au Nouvelliste, sous la rubriques "Simples Mots". Aussi, je prends plaisir à les partager avec vous. Vous vous rendrez compte que certains d'entre eux sont encore d'actualité.
Site de publication : Simples Mots.
Si le lien ne fonctionne pas, copiez l'adresse suivante: http://simplesmots.blogspot.com et collez le dans le URL de votre browser.
Bonne lecture.

samedi 13 juin 2009

Bonjour à Tous

Voilà bien des mois que ne je n'ai rien publié sur le blog. Ce n'est pas que les sujets manquent, mais parfois, le temps et l'inspiration ne sont pas au rendez-vous. Il arrive aussi quelques fois qu'il y a un trop plein qui enlève toute objectivité dans l'observation et l'analyse d'un sujet. A ces moments, il vaut mieux se taire pour ne pas se laisser emporter par la colère. Cependant, il est nécessaire avec beaucoup de sagesse et de sérénité, d'aller au-delà de sa colère ou de sa frustration pour voir le coté positif des choses. C'est un exercice auquel il faut se consacrer au quotidien dans la réalité haïtienne pour essayer de trouver la voie du concensus national pour le développement équilibré d'Haïti.

A bientôt.

dimanche 15 février 2009

Faut-il en rire ou en pleurer?

Il y a quelques jours, il était impossible pour le simple citoyen de joindre la Police Nationale d'Haïti (PNH) en passant par les lignes de la TELECO (Entreprise Nationale de Télécommunications). Raison: La TELECO aurait simplement suspendu tous les numéros de la PNH pour cause de non paiement de ses factures (24 millions de gourdes semble-t-il)!

Il est compréhensible que la TELECO cherche à recouvrer ses créances. Il n'est pas normal que la PNH ait des arriérés aussi élevés. Cependant, v
u que ces deux institutions relèvent d'une gestion étatique, tout porterait à croire qu'il devrait normalement avoir communication et échange d'informations afin d'éviter qu'un tel extrème soit atteint. La nouvelle, révélée par la presse, n'a pas aidé la population à se sentir rassurer lorsque l'on sait qu'en matière de reconnexion, la diligence n'est pas souvent au rendez-vous.

Alors comment interpréter une telle décision dans un pays où l'équilibre sécuritaire est fragile et à un moment où on observe une certaine recrudescence des actes de banditisme? Irresponsabilité, mauvaise gestion ou autre. Quelqu'en soit la raison, au bout de rouleau une fois de plus, c'est le citoyen qui en fait les frais...

vendredi 16 janvier 2009

Taxes: source de revenus ou source de faillite???

Récemment, il a été annoncé sur les ondes que le gouvernement, dans son projet de budget, a décidé de taxer du simple au double les appels placés à partir des cellulaires (portables). A ceci s'ajoute aussi la taxe payable par celui qui reçoit l'appel. A l'analyse de cette décision, il en ressort que nos dirigeants ont probablement pris en considération uniquement l'aspect revenus fiscaux mais ont totalement ignoré l'impact économique et social.

Ont-ils raison de chercher d'autres sources de revenus? La réponse est oui car un pays ne peut pas se permettre d'avoir 60% de son budget national sous forme d'aides venant de la communauté internationale. Cette recherche doit-elle être néfaste à la société? La réponse est évidemment non. Alors que faire pour augmenter les recettes de l'état sans déstabiliser l'économie? Il n'existe pas de recette miracle, et en matière de fiscalité, l'augmentation des taxes a toujours été mal vue par la population. Cependant dans un pays où le "maronnage fiscal" est roi, il est peut être plus judicieux de mettre au diapason ceux qui évitent astucieusement la caisse fiscale avant de crucifier les éternels payeurs de taxes et vider l'économie de sa sève.

Et vive le Carnaval...Quid de l'Education???

Alors que la majorité des haïtiens se préparent à jouir du carnaval, alors que l'on parle d'un budget d'environ 63 millions de gourdes pour ces festivités, paradoxalement les professeurs de certaines régions du pays crient leur désespoir sur les ondes pour encaisser le maigre salaire auquel ils ont droit. Ce matin encore, on entendait des enfants chanter sur un air bien connu des manifestants professionnels "nou bezwen nou bezwen pwofesè nou touche". En écoutant ces propos, je me suis rendu compte avec beaucoup de tristesse, que les générations des années 86 jusqu'à nos jours n'ont connu que déchoukages, manifestations, tirs, revendications, kidnappings, kouris et j'en passe. En d'autres termes, rien de constructif depuis plus de 23 ans. Est-il nécessaire de rappeler que les jeunes ayant aujourd'hui 20 ans et plus seront les dirigeants de demain? Aussi, d'où viendra l'esprit bâtisseur, la relève salutaire dont notre nation a tant besoin si nous nous évertuons à créer des situations où les enfants d'aujourd'hui constatent que revendiquer, manifester, indiscipline, immoralité, non respect des lois,... deviennent des traits comportementaux normaux et acceptés de tous?

Il est vrai que le carnaval est une tradition qui sur le plan socio-politique peut être difficilement contournée. En revanche, l'éducation est une nécessité indispensable, un droit constitutionnel et un devoir citoyen car il s'agit de l'avenir de la nation. S'il est bon de danser et de s'amuser, il est aussi bon et important d'éduquer, de former, de contruire, car le carnaval ne représente que 3 jours d'amusement sur une année de travail.

dimanche 4 janvier 2009

Ecrites il y a des siècles, elles sont plus que jamais d'actualité

Chers Lecteurs,

Avant tout, permettez moi de vous souhaiter mes meilleurs voeux de Paix, de Santé, de Sécurité, de Prospérité pour 2009. Que cette nouvelle année soit éclairée et guidée par la Lumière Divine.

Voilà bien des semaines que je n'ai posté aucun article sur le blog. La raison est que quand l'inspiration n'est pas au rendez-vous, mieux vaut ne rien écrire au lieu de poster des navets car j'ai la médiocrité en horreur. Aujourd'hui, 1er dimanche de l'année, je me suis rendu à l'église avec ma famille pour remercier le Seigneur de tous les bienfaits dont Il nous comble. La lecture du jour m'a interpellé et m'a porté à partager avec vous la parabole des mines se trouvant dans Luc - chapitre 19, les versets 11 à 26. Cette parabole nous encourage à produire, à investir, à faire fructifier nos talents et aussi à thésauriser. Et le verset 26 dit "On donnera à celui qui a, mais à celui qui n'a pas on ôtera même ce qu'il a". En d'autres termes, si nous n'arrivons pas à utiliser les facteurs de production (Ressouces Humaines, Richesses Naturelles, Force de Travail,...) que nous avons en Haïti, ces éléments finiront par disparaitre d'eux mêmes et nous deviendrons des assistés à 100%. Si une telle éventualité viendrait à se produire, nous serons obligés d'accepter une domination étrangère simplement parce que nous n'aurons jamais pu nous unir pour réaliser un objectif commun qui réside dans l'émancipation politique, économique, sociale, culturelle du peuple haïtien. Alors, notre dignité sera foulée au pied. Nous serons probablement enclins à rouspéter comme d'habitude, mais il sera trop tard car "ou pa ka gen lalwa dyol ou si po dèyè ou pa pou ou". Le peuple haïtien a évincé la dictature des Duvalier en 1986 et où en sommes-nous 23 ans après? Les esclaves saint-domingois ont évincé les colons français et sont devenus indépendants en 1804 et où en sommes-nous 205 ans après? A titre de comparaison, les américains sont devenus indépendants en juillet 1776. Où en sont-ils 233 ans après? Voilà où cette parabole des mines prend toute sont importance. Les américains ont travaillé à l'édification de leur société alors que nous, nous nous complaisions dans des luttes présidentielles acharnées. Résultat: avec seulement 28 ans de différence en terme d'indépendance, les Etats-Unis d'Amérique sont devenus la 1ère puissance mondiale et nous, nous sommes devenus la nation la plus pauvre de l'hémisphère nord et l'une des plus dépouvues du monde alors que nous étions la colonie la plus prospère du Nouveau Monde!!!

Que décidons-nous pour cette nouvelle année? Continuer nos luttes intestines ou travailler à réhausser la société haïtienne? Réfléchissez-y, il en va de votre avenir ou mieux encore, de l'avenir de vos enfants. En ce qui me concerne, le choix est déjà fait: 2009 sera une année de réalisations positives pour moi, ma famille et mon environnement. Et Vous???

jeudi 27 novembre 2008

Le Propane, produit de luxe...

Quid du prix du propane?

Alors que le Gouvernement, par le biais du Ministère de l'Environnement, souhaite lutter contre l'érosion, le déboisement et la production du charbon de bois, ce même gouvernement par le Ministère de l'Economie et des Finances, fait le "blakawout" total sur le prix du propane. Les utilisateurs de ce produit qui refusent catégoriquement de faire usage du charbon de bois sont pénalisés alors qu'ils luttent contre la production de charbon donc contre le déboisement directement. Pourtant, ils continuent à payer la "bonbonne" au prix fort alors que les producteurs et vendeurs de charbon qui détruisent l'environnement ne payent pas 1 centime d'impôts. Le propane devrait être subventionné pour encourager le maximum de familles à l'utiliser et le charbon de bois devrait de con coté être surtaxé pour décourager toute utilisation de ce produit. Nos voisins dominicains ont très vite compris que la protection de l'environnement passait par ce canal. Aussi, le gouvernement dominicain a rendu le propane accessible à tous et simultanément, il a promulgué des lois strictes et dures à l'encontre de tous ceux qui s'adonneraient à la coupe des arbres. Résultat: La République Dominicaine est verdoyante alors qu'Haïti est désertique. Les quelques poches vertes restantes représentant seulement 2% du territoire, sont attaquées quotidiennement par des "charbonniers" sans scrupules.

Il est encore possible de sauver le peu qu'il nous reste. Commençons déjà chacun dans notre sphère directe à ne plus utiliser le charbon de bois et insistons auprès du Gouvernement pour une subvention importante du propane. Une telle mesure devra aussi s'accompagner d'actions concrètes contre les coupeurs d'arbres et les charbonniers. Cette politique environnementale est impérative si nous souhaitons éviter d'avoir un pays où tout n'est que chaos, désolation et tristesse.

mercredi 26 novembre 2008

Le Badminton, un sport méconnu en Haïti

Le badminton est un sport de raquette qui oppose soit deux joueurs (simples) soit deux paires (doubles), placés dans deux demi-terrains séparés par un filet. Les joueurs marquent des points en frappant un volant à l'aide d'une raquette pour le faire tomber dans le demi-terrain adverse. L'échange se termine dès que le volant touche le sol.

Le volant, également appelé moineau au Québec, est un projectile aux propriétés aérodynamiques uniques qui lui donnent une trajectoire très différente des balles utilisées dans la plupart des sports de raquette. En particulier, les plumes créent une traînée bien plus importante causant une décélération plus rapide. Le vent ayant beaucoup trop d'influence sur cette trajectoire, le badminton professionnel est toujours pratiqué en intérieur.

Le badminton est un sport olympique et comporte cinq épreuves : simple hommes, simple dames, double hommes, double dames et double mixte. À haut-niveau, il nécessite une excellente condition physique ainsi que de très bonnes qualités techniques et tactiques. Dans les faits, le badminton est l'un des sports les plus exigeants physiquement. Il se situe tout juste après la boxe et les autres sports de combat. Il est aussi le sport le plus difficile pour les chevilles et le dos, puisque son joueur se trouve régulièrement dans des positions où le dos est distorsionné. C'est également dans cette discipline que le projectile voyage le plus rapidement entre chaque adversaire.

Pour plus d'informations, consulter le lien suivant: Le Badminton

Source: wikipédia

Une initiative à encourager

L'Association Haïtienne des Psychologues Professionnels - ASHAPP - a lancé officiellement le jeudi 20 novembre 2008, le projet de la cellule d'urgence de support psychologique aux personnes victimes de situations traumatiques. Ce projet, supporté par Capital Bank et Voilà, vise en premier lieu les enfants rescapés de la tragédie du Collège Promesse Evangélique. La ASHAPP souhaite aussi à court terme parfaire la formation des professionnles de la santé mentale et contribuer à la formation en psychotrauma et en thérapie de deuil d'un groupe d'étudiants en psychologie. A plus long terme, elle compte rendre cette cellule permanente pour devenir un groupe de référence dans l'éventualité de catastrophes de tout genre sur l'ensemble du territoire. Une telle démarche est à encourager car l'accompagnement psychologique est nécessaire à la reconstruction mentale des victimes.

Toutes nos félicitations aux initiateurs et sponsors de ce mouvement.

N.B.: Si vous souhaitez contacter la ASHAPP, prière de faire un courriel à haitipositif@live.com en mentionnant vos coordonnées. Haiti Positif se fera le plaisir de faire suivre vos coordonnées à la ASHAPP.

vendredi 14 novembre 2008

Triste affaire de draps

Dans un souci de respect envers la mémoire des victimes et des parents affligés, le Gouvernement a fait l'acquisition d'un stock de draps blancs en vue d'envelopper les corps des personnes décédées lors de l'effondrement du collège Promesse Evangélique. Aujourd'hui, ce fut la consternation générale! La morgue a été visitée et tous les draps envolés alors que les corps avaient été enveloppés la veille.

Nous savons que l'HUEH (Hopital de l'Université d'Etat d'Haïti) est une source de bonnes affaires pour plus d'un. Cependant, en arriver à ce point est une tristesse. Plus aucun respect, aucune dignité, aucune morale. Voilà où notre société en est rendue!!!

Le Permier Ministre a piqué une colère noire et demandé l'arrestation des employés de la morgue pour éclaicir cette histoire. Triste affaire à suivre.

jeudi 13 novembre 2008

La profondeur des douloureux évènements du 7 novembre 2008

Il n'est point nécessaire de rappeler cette terrifiante journée et le lourd tribu payé par les écoliers et les parents du collège "Promesse Evangélique". A tous ceux qui ont été directement ou indirectement touchés, Haiti Positif leur présentent ses plus sincères sympathies.

Au delà de la douleur ressentie, il faut s'interroger sur le pourquoi du comment de ce drame. Pourquoi ces écoles existent-elles? Ces établissement pullulent parce que la demande existe. Ces établissement pullulent parce que l'Etat Haïtien a failli à ses obligations envers ses citoyens. Selon les voeux de la Constitution de 1987, l'Etat est le garant de l'éducation. A ce propos, je me permets de reproduire quelques uns des articles du Titre 3, Chapite F de cette constitution:

ARTICLE 32: L'Etat garantit le droit à l'éducation. Il veille à la formation physique, intellectuelle, morale, professionnelle, sociale et civique de la population.

ARTICLE 32.1: L'éducation est une charge de l'Etat et des collectivités territoriales. Ils doivent mettre l'école gratuitement à la portée de tous, veiller au niveau de formation des Enseignements des secteurs public et privé.

ARTICLE 32.2: La première charge de l'Etat et des collectivités territoriales est la scolarisation massive, seule capable de permettre le développement du pays. L'Etat encourage et facilite l'initiative privée en ce domaine.

ARTICLE 32.3: L'enseignement primaire est obligatoire sous peine de sanctions à déterminer par la loi. Les fournitures classiques et le matériel didactique seront mis gratuitement par l'Etat à la disposition des élèves au niveau de l'enseignement primaire.

Les écoliers du Collège Promesse Evangélique, sans le savoir, ont fait les frais de l'irresponsabilité flagrante de l'Etat. On entend des débats politiques à tort et à travers. On a passé, au nom de la constitution, des mois à tergiverser sur la nationalité de l'aieul d'un premier ministre désigné ou sur l'ordre des prénoms d'un autre. Entre temps, combien de sessions de travail ont eues lieu sur les conditions d'enseignement ou sur la scolarité obligatoire? Etait-il nécessaire que près de 97 enfants perdent la vie et plus de 150 autres soient blessés pour que nous nous rendions compte que l'Education est baffouée, que les articles 32 et ss de cette même constitution si chère à certains, sont foulés du pied par l'Etat? Les parents ayant peu de moyens, et ils sont légions, se tournent vers ces établissements qui tant bien que mal permettent à leurs enfants, au péril parfois de leurs vies, d'être scolarisés. Ont-ils le choix???

Diriger, c'est prévoir. Vouloir, c'est pouvoir. Aussi, voulons-nous réellement diriger ou pouvons-nous réellement prévoir? En d'autres termes, pour bien diriger, il faut être un bon leader visionnaire, honnête, intègre avec la capacité d'organiser, de planifier de structurer, de gérer, de prendre parfois aujourd'hui des mesures impopulaires pour demain, garantir un avenir meilleur à la communaté. Se sont là des qualités qui ne s'acquièrent pas du jour au lendemain et qui demandent courage, force et détermination. Alors, ceux à qui incombent la charge de diriger ce pays doivent chacun faire une auto-évaluation honnête et se poser la question: suis-je la bonne personne à la bonne place? Si la réponse est positive, alors mettez vous au travail sans plus tarder. Par contre si la réponse est négative, ayez aussi le courage de reconnaître votre échec et de laisser la barre à ceux qui le peuvent.

vendredi 7 novembre 2008

Vendredi noir pour 700 élèves

Il n’y a pas de mot pour expliquer ce drame. Vendredi 7 novembre 2008, aux environs de 10h00 AM, les quelques 700 élèves de l’école privée « Collège Promesse Evangélique » située à Nérette à Pétion-Ville, ont vu leur journée de classe se transformer en tragédie. Le bâtiment abritant cette institution s’est tout simplement effondré. Des cris poignants des élèves s’élevaient de partout. Des pères et mères de famille aux abois accouraient dans l’espoir de retrouver le ou leurs enfants.

L’arrivée des premiers secours et les volontaires sur place ont permis de sortir les plus atteignables. Toutes les forces possibles (Croix-Rouge Haïtienne et Internationale, PNH, MINUSTAH, Hôpitaux des environs et autres) ont été mobilisées. Sur tout le parcours menant à l’école, des visages aux yeux vides traduisaient la consternation, le « sezisman » comme on dit chez nous. Beaucoup se sont réfugiés dans la prière, implorant le Seigneur d’épargner ceux qui peuvent encore l’être. Les ambulances transportaient dans un va-et-vient incessant les blessés vers les centres de premiers secours et des appels d'urgence pour des dons de sang, matériels de premiers soins, eau, engins de déblayage, etc... ont été lancés sur toutes les stations de radios et par porte-voix mobile.

Au moment où j’écris ces lignes, aucun bilan n’a pu être encore tiré. Espérons qu’il sera le moins lourd que possible.
Pour une fois, je ne ferai aucun commentaire, aucune déduction par respect pour les parents déboussolés et les enfants victimes tout en questionnant la Constitution de 1987 au Titre III, section F. Jetez-y un coup d’œil.

Photo :
AP

mercredi 5 novembre 2008

La leçon américaine

Le mardi 4 novembre 2008 a été un jour historique pour le monde entier et plus particulièrement pour les Etats-Unis d'Amérique. En effet, les américains ont élu Barak Obama à la Maison Blanche. La victoire de cet afro-américain n'est pas uniquement la sienne et celle du Parti Démocrate mais surtout celle d'une nation qui s'est donnée les moyens de vaincre tout préjugé racial, social, économique, religieux, culturel au profit de la compétence et des valeurs morales pour une amélioration d'un bien-être collectif. Une des images les plus frappantes de la mémorable soirée du 4 novembre a été celle du Révérend Jessie Jackson, larmes aux yeux, avec un regard lointain qui en disait long sur sa réflexion. Obama lors de son discours dans la soirée, n'a pas manqué de préciser que la tâche va être rude car beaucoup de défis sont à relevés. Il a remercié sa famille, tous ceux qui l'ont accompagné et mené vers la Maison Blanche. Il a reconnu la grandeur de son adversaire John McCain et a invité tous les américains sans aucune distinction à s'unir pour exécuter cet énorme chantier qu'est le relèvement économique des USA.

La campagne de Obama a été menée de main de maître sur tous les fronts. Pour y arriver, il a fallu d'abord définir un objectif puis un leader, un parti politique, des hommes et des femmes d'horizons divers, appartement à la même idéologie politique, décidés, engagés et capables de travailler en équipe pour l'atteinte de cet objectif. Pour ce faire, analyser, planifier, programmer, organiser, structurer, participer, responsabiliser, gérer, financer,... ont été des actions incontournables pour assurer la victoire. Rien n'a été laissé au hasard. Aucune fantaisie n'a été permise, aucun écart accepté.

Cet exemple devrait nous interpeller sur le rôle que nous avons à jouer dans la vie politique de notre pays. Cette même passion pour la politique américaine, ayons la aussi pour notre pays. Organisons nous pour que nous ayons un leader haïtien de la carrure d'Obama et marchons fermement à ses cotés en mettant tous les atouts de notre coté. Ceci, il est vrai demandera certains sacrifices et nous invitera à enlever la poutre qui est dans notre oeil avant de voir la paille dans l'oeil du voisin. En regardant la grandeur et la profondeur de cette victoire de la démocretie américaine, je me dis que cela vaut le coup d'essayer.